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Réglementation21 août 202612 min de lecture

Facturation électronique 2026 : le guide complet

Le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir une facture électronique. Pas « pouvoir en émettre » : la recevoir. Voici qui est concerné, à quelle date, et ce qu'il faut faire d'ici là.

Youness BenakkafCo-fondateur, concepteur-développeur web
Facturation électronique 2026 : le guide complet
Sommaire9 parties

Vous avez probablement reçu un mail de votre expert-comptable, ou un appel d'un éditeur de logiciel. Le sujet revient depuis trois ans, la date a déjà bougé deux fois, et beaucoup de dirigeants ont fini par classer le dossier dans « on verra ». Cette fois, l'échéance est à quelques semaines et elle concerne absolument tout le monde.

Cet article fait le point sur ce qui est réellement obligatoire, quand, et pour qui. Chaque chiffre cité vient d'une source officielle, listée en fin de page avec sa date de consultation. Si vous cherchez la réponse pour votre cas précis, des guides dédiés existent : micro-entrepreneur, artisan et TPE, PME, ETI et grande entreprise.

De quoi parle-t-on exactement

Une facture électronique, au sens de la réforme, n'est pas un PDF envoyé par mail. Un PDF est une image de facture : un humain la lit, une machine non. La réforme impose un fichier structuré, dont les données (montants, taux de TVA, identité des parties) sont lisibles automatiquement, et qui transite par une plateforme immatriculée plutôt que par votre boîte mail.

C'est ce changement de tuyau qui explique tout le reste : l'administration ne veut pas seulement que vos factures soient numériques, elle veut en recevoir les données au passage. D'où deux obligations distinctes, qu'on confond souvent.

La facturation électronique (e-invoicing)

Elle concerne vos échanges avec d'autres entreprises établies en France et assujetties à la TVA. Ces factures-là passeront par une plateforme agréée, dans les deux sens : émission et réception.

La transmission de données (e-reporting)

Elle concerne ce qui échappe au cas précédent : vos ventes aux particuliers, et vos opérations internationales. Il n'y a pas de facture électronique à transmettre à votre client dans ces cas-là, mais l'administration veut quand même les données de la transaction. Le sujet est détaillé dans notre article dédié au e-reporting.

Êtes-vous concerné ?

La règle tient en une phrase : toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA sont concernées, y compris celles qui bénéficient d'une franchise de TVA.

C'est le point qui surprend le plus : être en franchise en base de TVA ne vous exclut pas. Vous êtes assujetti à la TVA même si vous n'en collectez pas. Un micro-entrepreneur qui facture 400 € par mois est concerné au même titre qu'une PME de 40 salariés.

Autrement dit, vous êtes concerné si vous cochez ces cases :

  • Votre entreprise est établie en France (peu importe la forme : SAS, SARL, EI, micro-entreprise, profession libérale, association assujettie).
  • Vous êtes assujetti à la TVA, que vous la collectiez réellement ou que vous soyez en franchise en base.
  • Vous émettez ou recevez des factures d'autres entreprises françaises.

L'administration met à disposition un simulateur officiel qui répond en quelques questions. Si vous n'avez que deux minutes, c'est par là qu'il faut commencer.

Le calendrier, obligation par obligation

Deux obligations, deux calendriers. Celui de la réception ne fait pas de distinction de taille ; celui de l'émission, si.

Calendrier fixé par le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024, confirmé par Service-Public.fr et la DGFiP.
ObligationDateQui est concerné
Recevoir des factures électroniques1er septembre 2026Toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception de taille
Émettre des factures électroniques1er septembre 2026Grandes entreprises et ETI
Émettre des factures électroniques1er septembre 2027PME, TPE et micro-entreprises
Transmettre les données (e-reporting)Même calendrier que l'émissionSelon la taille de l'entreprise
La date qui compte pour vous en 2026 est celle de la réception. Même une micro-entreprise qui n'aura à émettre qu'en 2027 doit être en mesure de recevoir dès septembre 2026 — sinon ses fournisseurs ne pourront tout simplement pas la facturer.

Dans quelle catégorie tombe votre entreprise ?

Les catégories sont celles du décret n° 2008-1354, appréciées sur votre dernier exercice clos. En pratique, la quasi-totalité des entreprises françaises relève des deux premières lignes.

« Micro-entreprise » désigne ici la catégorie statistique du décret 2008-1354, à ne pas confondre avec le régime fiscal du micro-entrepreneur.
CatégorieEffectifChiffre d'affairesÉmission obligatoire
Micro-entreprisemoins de 10jusqu'à 2 M€1er septembre 2027
PME (dont TPE)moins de 250jusqu'à 50 M€1er septembre 2027
ETImoins de 5 000jusqu'à 1,5 Md€1er septembre 2026
Grande entreprise5 000 et plusau-delà de 1,5 Md€1er septembre 2026

La plateforme agréée : le point à comprendre absolument

Pendant deux ans, la communication officielle a laissé entendre qu'un service public gratuit permettrait d'émettre et de recevoir ses factures. Ce n'est plus le cas. Le portail public s'est recentré sur deux rôles gratuits — un annuaire des entreprises et la remontée des données vers l'administration — mais il n'échange pas vos factures.

Pour émettre et recevoir, il faut donc passer par une plateforme agréée : la DGFiP la définit comme « un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'État ». Ces opérateurs ont dû prouver leur conformité fiscale, la sécurité de leurs infrastructures et leur interopérabilité technique avant d'être inscrits sur la liste officielle.

Si vous ne retenez qu'une chose de cet article : personne ne fera la démarche à votre place. Ni votre banque, ni l'URSSAF, ni les impôts. Choisir une plateforme et s'y raccorder est une action volontaire, à faire avant le 1er septembre 2026.

Comment en choisir une

La liste officielle des plateformes agréées est publiée par la DGFiP et mise à jour régulièrement — plus de cent trente opérateurs y figurent à ce jour. Elle est longue, et le tri se fait sur quelques critères simples.

  1. Votre logiciel actuel en propose-t-il une ? La plupart des éditeurs de comptabilité et de facturation ont soit obtenu l'immatriculation, soit noué un partenariat. C'est presque toujours le chemin le plus court et le moins cher.
  2. Votre expert-comptable en impose-t-il une ? Beaucoup de cabinets ont retenu un opérateur pour l'ensemble de leurs clients. Vous raccorder ailleurs vous ferait perdre l'automatisation qu'il a mise en place.
  3. Le volume que vous traitez. La tarification est le plus souvent au nombre de factures. En dessous de quelques dizaines par mois, les écarts entre offres se comptent en euros ; au-delà de plusieurs centaines, c'est le premier poste de coût.
  4. Vérifiez que le nom figure bien sur la liste de la DGFiP. « Compatible facturation électronique » sur une page commerciale ne veut pas dire immatriculé : certaines solutions se connectent à une plateforme agréée sans en être une.

L'annuaire : la brique qu'on oublie

Pour vous envoyer une facture électronique, votre client doit savoir où l'envoyer. C'est le rôle de l'annuaire central, ouvert depuis septembre 2025 et accessible sur le portail Chorus Pro. Il référence les entreprises concernées, leur adresse électronique de réception, et la plateforme à laquelle elles ont adhéré.

Conséquence pratique : si vos données d'identification sont fausses ou obsolètes — SIREN erroné, établissement fermé, adresse jamais mise à jour — vos factures fournisseurs n'arriveront pas, et les vôtres seront rejetées. Vérifier son SIREN et ses établissements est une tâche de dix minutes qui évite des semaines de litiges.

Ce qui change sur vos factures elles-mêmes

Au-delà du tuyau, le contenu de la facture évolue. Quatre mentions s'ajoutent aux mentions obligatoires habituelles pour les factures entre entreprises :

  • Le numéro SIREN du client, en plus du vôtre.
  • L'adresse de livraison des biens, lorsqu'elle diffère de l'adresse de facturation.
  • La nature de l'opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux.
  • L'option pour le paiement de la TVA d'après les débits, lorsque vous l'avez retenue.

Côté format, trois standards constituent le socle accepté : Factur-X (un PDF lisible qui embarque un fichier de données), UBL et CII. En pratique, vous n'aurez pas à choisir : votre plateforme produit le format attendu. Factur-X est le plus répandu chez les petites structures parce qu'il reste lisible à l'œil nu.

Les sanctions

Le barème a été durci par l'article 123 de la loi de finances pour 2026. Les montants ci-dessous sont ceux publiés par Service-Public.fr.

Barème issu de la LOI n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123.
ManquementSanctionPlafond
Facture non émise au format électronique50 € par facture15 000 € par an
Pas de plateforme agréée pour recevoir500 € après mise en demeure de 3 mois, puis 1 000 € tous les 3 mois—
Données de transaction non transmises (e-reporting)500 € par transmission15 000 € par an
Mention obligatoire manquante15 € par mention25 % du montant de la facture
Une tolérance existe : la sanction ne s'applique pas s'il s'agit de la première infraction sur l'année civile en cours et les trois années précédentes, et que la situation a été réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration.

À ne pas confondre avec les sanctions générales sur la facturation, bien plus lourdes et déjà en vigueur : l'absence de facture est punie d'une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société.

Votre plan en cinq étapes

  1. Vérifiez que vous êtes concerné avec le simulateur officiel. Deux minutes.
  2. Contactez votre expert-comptable avant de signer quoi que ce soit. S'il a déjà retenu une plateforme, la question est réglée.
  3. Contrôlez vos données d'identification : SIREN, forme juridique, établissements actifs, adresse. C'est ce qui alimente l'annuaire.
  4. Choisissez une plateforme sur la liste de la DGFiP et raccordez-vous. Comptez quelques jours de paramétrage, pas quelques mois — mais ne vous y prenez pas la dernière semaine d'août.
  5. Testez une réception réelle avant le 1er septembre : demandez à un fournisseur déjà raccordé de vous envoyer une facture, et vérifiez qu'elle arrive.

De notre côté. Niyya Agency est une SAS assujettie à la TVA : nous sommes concernés exactement comme vous. Nos factures sont générées par notre propre outil et l'échéance de septembre nous a obligés à revoir la façon dont elles sortent du système. C'est ce qui nous a valu de creuser le sujet, et cet article en est le sous-produit.

Questions fréquentes

Un PDF envoyé par mail suffira-t-il après le 1er septembre 2026 ?
Non, pas entre entreprises assujetties à la TVA. Un PDF classique est une image de facture : il ne contient pas de données lisibles par une machine et ne transite pas par une plateforme agréée. Le format Factur-X ressemble à un PDF mais embarque en plus un fichier de données structurées.
Je suis en franchise en base de TVA, suis-je concerné ?
Oui. La franchise en base signifie que vous ne collectez pas la TVA, pas que vous n'y êtes pas assujetti. Service-Public.fr précise explicitement que les entreprises bénéficiant d'une franchise de TVA sont incluses dans le champ de la réforme.
Existe-t-il une solution gratuite fournie par l'État ?
Non, pas pour échanger des factures. Le portail public assure gratuitement l'annuaire des entreprises et la remontée des données à l'administration, mais l'émission et la réception passent obligatoirement par une plateforme agréée, qui est un opérateur privé.
Le calendrier peut-il encore être repoussé ?
Il l'a déjà été deux fois, mais l'échéance du 1er septembre 2026 a été confirmée par la loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, qui en a même durci les sanctions. Parier sur un nouveau report est un pari à sens unique : vous n'y gagnez rien s'il n'a pas lieu.
Combien de temps faut-il conserver ses factures ?
Dix ans, au titre des obligations comptables. Ce délai est inchangé par la réforme, mais votre plateforme agréée devient de fait un maillon de cet archivage : vérifiez ce qu'elle garantit, et pour combien de temps, avant de vous engager.
Que se passe-t-il si mon client n'est pas raccordé ?
À partir du 1er septembre 2026, il est en infraction et s'expose à 500 € puis 1 000 € tous les trois mois après mise en demeure. En pratique, vous ne pourrez pas lui adresser de facture électronique : c'est votre encaissement qui est bloqué, d'où l'intérêt de vérifier en amont que vos principaux clients sont prêts.

Cette réforme est d'abord un chantier comptable. Mais elle arrive au moment où beaucoup d'entreprises constatent que leur outillage numérique tient avec des bouts de ficelle : devis sur traitement de texte, factures dans un tableur, relances de tête. Si c'est votre cas, parlons-en — on saura vous dire en quinze minutes si un outil sur mesure se justifie ou si votre logiciel actuel suffit largement.

Sources

  1. Facturation entre entreprises : ce que dit la loi · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  2. Comment se préparer à l'obligation de facturation électronique · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  3. Facturation électronique : les sanctions évoluent · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  4. Facturation électronique : soyez prêt au 1er septembre 2026 · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  5. Un annuaire dédié à la facturation électronique est ouvert · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  6. Simulateur : suis-je concerné par la facturation électronique ? · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  7. Je passe à la facturation électronique · DGFiP — impots.gouv.fr (consulté le 14/08/2026)
  8. Je consulte la liste des plateformes agréées · DGFiP — impots.gouv.fr (consulté le 14/08/2026)
  9. Annuaire de la facturation électronique · AIFE — Chorus Pro (consulté le 14/08/2026)
  10. LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 123 · Légifrance (consulté le 14/08/2026)

Sujets abordés

  • facturation électronique
  • réforme 2026
  • plateforme agréée
  • e-reporting
  • TVA
  • obligations entreprises
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Youness Benakkaf, co-fondateur et concepteur-développeur de Niyya Agency

Écrit par

Youness Benakkaf

Co-fondateur, concepteur-développeur web · Niyya Agency

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