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Réglementation21 août 20268 min de lecture

E-reporting 2026 : ventes aux particuliers et export

Commerçants, restaurateurs, e-commerçants, exportateurs : vos ventes ne donnent pas lieu à une facture électronique, mais l'administration en veut quand même les données. C'est le e-reporting, la seconde obligation de la réforme — celle qu'on oublie.

Youness BenakkafCo-fondateur, concepteur-développeur web
E-reporting 2026 : ventes aux particuliers et export
Sommaire7 parties

Un boulanger, un restaurateur, une boutique en ligne : aucun de ces commerces n'enverra de facture électronique à ses clients, pour une raison évidente — un particulier n'est raccordé à aucune plateforme. Beaucoup en concluent qu'ils sont hors du champ de la réforme.

C'est faux, et c'est le malentendu le plus coûteux du dossier, parce que la sanction associée est la plus lourde du barème. Si vous découvrez la réforme, commencez plutôt par le guide complet ; cet article creuse la seule seconde obligation.

Deux obligations, pas une

La réforme repose sur une distinction qu'il faut avoir en tête une fois pour toutes.

Une même entreprise relève très souvent des deux régimes, selon le client concerné.
Facturation électroniqueE-reporting
Ce que c'estLa facture elle-même transite par une plateforme agrééeSeules les données de la transaction sont transmises à l'administration
Qui reçoitVotre client, via sa plateformeL'administration fiscale uniquement
Quand ça s'appliqueEntre deux entreprises établies en France et assujetties à la TVATout le reste : particuliers, export, intracommunautaire
Le test mental le plus simple : si votre client est une entreprise française assujettie à la TVA, c'est de la facturation électronique. Dans tous les autres cas, c'est du e-reporting.

Qui est concerné, concrètement

Toute entreprise établie en France et assujettie à la TVA qui réalise au moins une opération hors du champ de la facturation électronique. Autrement dit, une immense majorité d'entreprises.

  • Commerces et restaurants : la quasi-totalité du chiffre d'affaires est réalisée avec des particuliers.
  • E-commerçants : ventes aux particuliers en France, et souvent ventes à distance intracommunautaires.
  • Artisans intervenant chez des particuliers, pour la part de leur activité qui ne relève pas du B2B.
  • Prestataires de services facturant des clients étrangers, en Union européenne ou hors UE.
  • Exportateurs, pour l'ensemble de leurs ventes hors Union européenne.
Une entreprise qui ne travaille qu'avec des particuliers n'échappe donc pas à la réforme : elle bascule simplement du côté e-reporting pour ses ventes — tout en restant soumise à l'obligation de recevoir ses factures fournisseurs au format électronique dès le 1er septembre 2026.

Votre calendrier

Le e-reporting suit le calendrier de l'obligation d'émission, pas celui de la réception.

Les catégories sont celles du décret n° 2008-1354, appréciées sur le dernier exercice clos.
Votre catégorieDébut du e-reporting
Grande entreprise1er septembre 2026
ETI1er septembre 2026
PME et TPE1er septembre 2027
Micro-entreprise1er septembre 2027
Si vous êtes une PME ou une TPE, votre échéance de 2026 ne concerne donc que la réception de vos factures fournisseurs. Le e-reporting attendra 2027 — ce qui ne veut pas dire qu'il faut découvrir le sujet à ce moment-là : le périmètre à cartographier, lui, ne bougera pas.

Quelles données, et par quel canal

Les données de transaction et, selon les cas, les données de paiement, sont transmises à l'administration par votre plateforme agréée. C'est le même opérateur que pour vos factures : la DGFiP décrit la plateforme agréée comme devant « émettre, transmettre et recevoir des factures sous format électronique et en extraire les données utiles à l'administration mais aussi réceptionner et transmettre les données de transactions et de paiement ».

Il n'y a donc pas de second outil à souscrire, mais il y a un point à vérifier avant de signer : toutes les offres ne couvrent pas le e-reporting. Les formules d'entrée de gamme se limitent parfois à la facture. Pour un commerce dont l'essentiel de l'activité est en B2C, ce serait souscrire exactement la moitié inutile.

Question à poser à un commercial avant tout engagement : « votre offre couvre-t-elle la transmission des données de transaction pour mes ventes aux particuliers, ou seulement les factures entre entreprises ? » La réponse trie très vite.

La périodicité

La fréquence de transmission dépend de votre régime de déclaration de TVA. Nous ne donnons pas ici de calendrier chiffré : les modalités précises relèvent des spécifications techniques de l'administration, et sur un point aussi opérationnel, une valeur approximative serait pire que pas de valeur du tout. C'est votre plateforme agréée et votre expert-comptable qui paramètrent ce rythme.

Les sanctions

Article 123 de la loi de finances pour 2026, qui a porté la sanction e-reporting de 250 € à 500 €.
ManquementSanctionPlafond annuel
Données de transaction non transmises500 € par transmission15 000 €
Facture non émise au format électronique50 € par facture15 000 €
Pas de plateforme agréée pour recevoir500 €, puis 1 000 € tous les 3 mois—

Notez le rapport : 500 € pour une transmission manquante contre 50 € pour une facture. Une transmission couvre une période entière, pas une opération — l'oubli est donc bien plus vite plafonné qu'on ne l'imagine.

La tolérance de première infraction s'applique ici aussi : pas de sanction s'il s'agit du premier manquement sur l'année en cours et les trois précédentes, et qu'il est réparé spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande.

Ce qu'il faut faire, selon votre profil

  1. Commerce ou restaurant : votre logiciel de caisse est le point d'entrée. Demandez à votre éditeur comment il remontera les données vers une plateforme agréée — c'est lui qui détient vos tickets.
  2. E-commerce : votre plateforme de vente et votre outil de facturation doivent alimenter le même canal. Attention aux ventes à distance intracommunautaires, souvent gérées à part, qui relèvent également du e-reporting.
  3. Artisan ou prestataire mixte : distinguez dès maintenant la part B2B de la part B2C de votre activité. Les deux régimes s'appliqueront en parallèle, sur les mêmes chantiers parfois.
  4. Exportateur : l'ensemble de vos ventes hors Union européenne relève du e-reporting. Vérifiez que l'offre retenue le couvre explicitement.

Questions fréquentes

Je ne vends qu'à des particuliers, suis-je vraiment concerné ?
Oui, deux fois. Vos ventes relèvent du e-reporting à partir de votre date d'obligation d'émission, et vous devez par ailleurs pouvoir recevoir vos factures fournisseurs au format électronique dès le 1er septembre 2026, comme toutes les entreprises assujetties.
Dois-je transmettre les données de chaque ticket de caisse ?
Non, le e-reporting porte sur des données agrégées de transaction transmises périodiquement, pas sur une remontée à l'unité en temps réel. Le paramétrage relève de votre logiciel de caisse et de votre plateforme agréée.
Mes ventes intracommunautaires sont-elles concernées ?
Oui. Les opérations avec des entreprises établies dans un autre État membre ne relèvent pas de la facturation électronique française, mais leurs données entrent dans le champ du e-reporting.
Le e-reporting remplace-t-il ma déclaration de TVA ?
Pas aujourd'hui. L'objectif affiché à terme est un pré-remplissage des déclarations à partir des données collectées, mais l'obligation déclarative reste en vigueur : ne supprimez rien de votre calendrier fiscal sur la foi de cette réforme.
Une seule plateforme suffit-elle pour les deux obligations ?
Oui, à condition que l'offre souscrite couvre explicitement la transmission des données de transaction. Toutes ne le font pas : c'est le point à vérifier avant de signer, surtout si votre activité est majoritairement tournée vers les particuliers.
Que se passe-t-il si je passe par une place de marché ?
Le sujet du redevable de la transmission se pose alors selon les modalités contractuelles et le régime de TVA applicable à l'opération. C'est un point à faire trancher par votre expert-comptable, avec le contrat de la place de marché sous les yeux.

Si cette réforme vous oblige de toute façon à revoir votre outillage, c'est souvent l'occasion de traiter ce qui saigne vraiment : un site qui ne prend pas de commandes, un suivi client qui vit dans un tableur. L'audit gratuit fait le point en deux minutes, et nos formules au mois évitent d'avoir à arbitrer entre mise en conformité et visibilité.

Sources

  1. Facturation entre entreprises : ce que dit la loi · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  2. Comment se préparer à l'obligation de facturation électronique · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  3. Facturation électronique : les sanctions évoluent · Service-Public.fr (DILA) (consulté le 14/08/2026)
  4. Je passe à la facturation électronique · DGFiP — impots.gouv.fr (consulté le 14/08/2026)
  5. Je consulte la liste des plateformes agréées · DGFiP — impots.gouv.fr (consulté le 14/08/2026)
  6. LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 123 · Légifrance (consulté le 14/08/2026)

Sujets abordés

  • e-reporting
  • facturation électronique
  • B2C
  • e-commerce
  • export
  • TVA
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Youness Benakkaf, co-fondateur et concepteur-développeur de Niyya Agency

Écrit par

Youness Benakkaf

Co-fondateur, concepteur-développeur web · Niyya Agency

Il conçoit et code la totalité de ce que nous livrons. Pas d’équipe intermédiaire, pas de sous-traitance : ce que vous recevez, c’est lui qui l’a construit.

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